Marson et son histoire

  • L’origine du nom de notre commune

Marson aurait pour origine Martio qui signifie le domaine qui appartient à Martius. Qui est ce Martius ? On peut supposer qu’il s’agit d’un propriétaire romain. Martin est un nom répandu en France. On lui prête comme origine Martinus, ce nom est un dérivé tardif de Mars, dieu de la guerre.

  • Le nom de Marson au cours des âges

Renseignements trouvés dans le  dictionnaire topographique du département de la Marne comprenant les nom de lieux anciens et modernes rédigé par M. Auguste Longnon, Paris Imprimerie Nationale 1891

Martio : commune du XIème siècle

Villa que vocatur marcons (le domaine qui est appelé Marçons) : 1218

Marçon le Grant : 1240

Marçonnum : 1278

Marsunnum : 1289

Marsons : 1379

Marçon d’Amont et Marçon d’Aval : 1380

Marsons : 1380

Marsonus superior et inferior : 1542

Sanctus Nicolaus de Marsone : 1775

Plusieurs textes cités ci-dessus montrent notre Marson divisé en deux parties: Marson d’Aval et Marson d’Amont. Seule, la première subsiste aujourd’hui.

Auguste Longnon a encore trouvé dans la Marne le nom de Marson un village détruit, commune de Courmelois, aujourd’hui groupée avec les villages voisins de Wez, Thuisy et formant la nouvelle commune de Val de Vesle. On peut aussi lire dans ce dictionnaire le Ru de Marson, affluent de la Tourbe (Il arrose les villages de Mesnil les Hurlus et Massiges), Marsonnel, une motte féodale sur la commune de St Rémy sur Bussy (1647)

Textes et recherches de M. Michel Clause, ancien directeur d’école à St Memmie, originaire de Marson (1931 -2017)

Les anciens lieux-dits du territoire de Marson

Nos ancêtres n’utilisaient pas les quatre points cardinaux : on rencontre la désignation des champs par les mots : au LEVANT, au COUCHANT, rive de HAUT, rive de BAS.

L’actuelle route de Revigny (D1) portait le nom de « rue de Saint-Jehan » et s’est appelée par la suite « rue de bas au levant » puis plus tard « rue de bas », actuellement rue de St Jean.

Les noms de contrées trouvent souvent leur origine dans un nom de famille car Marson n’avait pas un seul seigneur mais des parts de seigneurie.

Ainsi La Morellerie était une contrée du moulin possédée par la famille Morel, dont un membre connu, François Morel, président du présidial de Châlons, acheta le château de Vitry-la-Ville, en 1735. Sa fille était Mme du BOYS de RIOCOUR. Sa pierre tombale se trouve en l’église de Notre Dame en Vaux.

La Hocarderie : En 1785, Messire Gaston Jean Zacharie HOCART de RENNEVILLE, Chevalier, Seigneur de Marson, ancien capitaine au régiment de Picardie, Grand Bailly de Châlons, vend des terres à Marson (les témoins de la vente sont : Pierre LETOULAS, pensionné de la ferme générale et François HERMANT, boucher, tous deux de Marson. La vente a lieu dans la maison de Pierre REMY). En 1788, son fils, Messire Philippe Christophe HOCART, Chevalier, Officier au régiment des Gardes Francoises, Chevalier de l’Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, demeurant à Paris, vend aussi des terres (On est à la veille de la révolution). Le témoin est Pierre Laurent, sergent en justice de Marson.

Le chemin de la Coulonnerie : en 1606, Nicolas DELAVAL, passementier de Châlons, né à Marson, avait épouse Loyse COULLON, fille d’un des tisserands de toile de Châlons (ils ont eu 9 enfants dont deux fois des jumeaux) et 10 ans plus tard, le frère de Loyse, Jean COULLON a épousé à Marson, Jeanne HERMENT. La Coulonnerie était la contrée de cette famille.

Le champ la Dame : Une dame noble possédait cette contrée. En 1568, Jacquette GORLIER veuve de Pierre LANGAULT était dame de Marson en partie. En 1711, c’était « l’illustre dame Marianne LANGAULT veuve de M. de CHANTERENNE ».

Il existait 215 contrées sur le premier cadastre. Certaines portent des noms imagés : le beau regard, le chemin des meuniers, le moulin à vent, les terres St Pierre (elles appartenaient à l’Abbaye de Saint-Pierre-au-Mont de Châlons qui s’élevait à l’emplacement de l’actuel cité administrative Tirlet), le Montier ou Moutier, emplacement d’un monastère disparu.

Beaucoup de noms posent des problèmes. Par exemple, la fosse la roge, le finet des enragés. A quelle épidémie ont dû faire face nos ancêtres pour qu’ils aient évoqué la « rage » en deux endroits du territoire ?

Les fautes d’orthographe au moment de l’établissement du casdastre ont déformé la signification des mots :

le quart rouge : Carrouge, vieux mot de français qui désigne un carrefour

le mai au champ : ce nom n’a aucun rapport avec le « mai » qu’on mettait autrefois aux domiciles des jeunes filles le 1er mai. Il s’agit du « Mé au champ », le mé est un vieux nom de patois désignant un jardin et ici, il est au milieu d’un champ.

Article tiré d’un texte de M. Clause Michel, originaire de Marson, en date du 6 avril 1996

SEPTEMBRE 1914 à MARSON

Début septembre 1914, les allemands entrent dans Marson. Des incidents eurent lieu. Le 4 septembre, ils incendient la rue du Haut, côté nord. Le 8 septembre, ils incendient la rue du Centre, côté nord dont la Mairie et l’église. Ils fusillent trois civils.

Un article du journal l’Union du 4 avril 1973, indique qu’ “un commandant allemand accusa les habitants d’avoir tiré sur ses soldats ce qu’ils nièrent. Finalement, l’officier réclama 3 000 Francs OR. Ayant reçu la somme, le commandant allemand déclara aux prisonniers « Vous allez nous suivre jusqu’au village suivant (Pogny) et là, vous serez libres. Il était dix heures. Les allemands précédés des prisonniers prirent la direction de Pogny. A 13 h, un gigantesque incendie ravagea Marson. La toiture de l’église était réduite en cendre. C’est ainsi que fut marqué à Marson, la fête de la nativité de la Sainte-Vierge, en ce 8 septembre 1914 “.

LA RECONSTRUCTION

Il fallut de longues années de travaux et l’apport des dommages de guerre pour qu’enfin notre village reprenne vie. Nos aînés se souvenaient encore des travaux de déblaiement qui avaient nécessité l’apport de wagonnets qui déversaient les gravats de l’autre côté de la rue des Jardins. Aujourd’hui, il est facile de reconnaître les maisons reconstruites dans les années 1920, la plupart sont en pierre meulière.

Enfin, le baptême des cloches marqua la fin des malheurs de l’église de Marson. Elle eut lieu le dimanche des Rameaux le 20 mars 1932.

La grosse cloche de 972 kg nommée Marguerite (prénom de sa marraine), Georgette (en souvenir de l’abbé Georges Jacquesson, curé de Marson en 1914), Cécile (nom de la Sainte Patronne des Musiciens) eut pour marraine Melle Marguerite Hermant, épouse de M. Memmie Collery. Sur la cloche sont gravés les noms des conseillers municipaux en 1932.

La petite cloche de 471 kg nommée Monique (rappel de la douleur des mères des victimes de guerre), Geneviève (rappel du patriotisme de la Sainte Patronne qui veilla sur Paris au temps des Huns) eut pour parrain, M. Joseph Dommanget et pour marraine, Melle Marie-Thérèse Létoullas épouse de M. Pierre Chalon). Sur la cloche sont gravés les noms des 3 civils et 7 soldats victimes de la guerre 1914-1918.

Ces cloches seront montées dans le clocher le 4 octobre 1932.

Texte tiré d’articles de l’Union et de M. Clause Michel